Interdiction des poulets Ross 308 en Suisse : Burger King ouvre le ton et alimente le débat parlementaire
Contexte et enjeux autour de la lignée Ross 308
Les opposants à certaines pratiques d’élevage, parfois appelés anti-spécistes, poursuivent leur attention sur la race Ross 308, réputée pour sa croissance rapide et son efficacité alimentaire. Cet été, Migros avait été pointée dans une campagne de dénonciation liée à cette lignée, et aujourd’hui le débat se déplace au niveau politique.
La question centrale porte sur la possibilité d’interdire cette race en Suisse. La conseillère nationale Meret Schneider (Verts/ZH) a déposé une motion en ce sens, soulevant le débat sur les implications pour l’industrie avicole et le bien-être animal.
Position du gouvernement et chiffres clés
Dans sa réponse, le Conseil fédéral rappelle qu’environ 90 % des poulets de chair produits en Suisse appartiennent à la lignée Ross 308. Face à ces chiffres, il estime qu’une interdiction ne serait pas jugée judicieuse.
Selon le gouvernement, la production locale couvre près de 64 % de la demande nationale en volaille. Renoncer à la Ross 308 conduirait à une augmentation des importations; les poulets importés proviennent aussi de cette même lignée et, dans certains cas, les conditions de détention à l’étranger sont souvent moins favorables qu’en Suisse. Le Conseil fédéral conclut que restreindre cette production pourrait aller à l’encontre du bien-être animal et invite les élus à voter non.
Débats autour d’un cadre et options alternatives
Le gouvernement rappelle aussi qu’un accord plus large serait nécessaire pour modifier durablement les pratiques de production. Il est mentionné que l’agriculture biologique n’utilise pas nécessairement cette race et qu’il serait possible de s’en passer dans certains circuits, sans pour autant mettre en péril l’approvisionnement national.
À l’échelle internationale, Burger King avait annoncé vouloir abandonner la Ross 308 dès 2026. Meret Schneider souligne que d’autres entreprises, dont LDC, un des plus grands producteurs européens de poulets, diminuent également l’usage de cette lignée et qu’il serait pertinent que la Suisse suive ce mouvement.
Réactions des acteurs et contexte sectoriel
Cet été, le porte-parole de Migros, Tristan Cerf, estimait que les initiatives individuelles n’étaient pas nécessairement les plus adaptées pour faire évoluer le système, appelant à un débat cadré par les règles propres au pays et au secteur.
Le Conseil fédéral rappelle que les entreprises suisses respectent le cadre légal en vigueur. Il indique que, sur l’année 2023, 97,9 % des poulets de chair élevés en Suisse l’étaient dans le cadre du programme SST (bien-être animal).
Regard prospectif et portée du débat
Bien que l’idée d’interdire la Ross 308 puisse susciter des inquiétudes sur l’approvisionnement et le coût, les arguments avancés insistent sur le fait que des alternatives et des évolutions sectorielles pourraient permettre de répondre aux attentes en matière d’éthique et de durabilité sans remettre en cause l’offre nationale.
En définitive, le Conseil fédéral appelle à rejeter la proposition d’interdiction, tout en reconnaissant l’existence d’un débat structuré autour des choix de filière et des normes de bien-être animal, qui pourrait être nourri par des évolutions du secteur et par une coopération étroite entre les acteurs concernés.
