Négociations de paix en Ukraine : von der Leyen rappelle qu’il reste du travail après Genève
Contexte et enjeux des pourparlers à Genève
Les discussions, convoquées en urgence dimanche à Genève, réunissaient des responsables ukrainiens, américains et européens autour d’un plan de paix en 28 points, présenté initialement par les Etats‑Unis et soumis à des remaniements européens. Selon un haut responsable américain ayant requis l’anonymat, Washington a exercé des pressions sur l’Ukraine afin qu’elle adopte ses propositions et mette fin au conflit avec la Russie. Bien que cette pression se soit quelque peu relâchée au cours de la réunion, une pression globale a été constatée par les interlocuteurs concernés.
Rôles et positions des acteurs russes et européens
Le Kremlin a estimé que les contre‑propositions européennes au plan américain n’étaient pas constructives et ne conviennent pas à Moscou. Le conseiller russe pour la politique étrangère Iouri Ouchakov a déclaré que, « à première vue », le plan européen paraissait « totalement contre‑productif », tout en reconnaissant que le texte américain contenait de nombreuses dispositions « tout à fait acceptables » et que certaines nécessitaient une discussion plus approfondie.
Les Européens ont soumis une version modifiée du plan américain qui remet en cause les limites proposées aux forces armées de Kiev et les concessions territoriales envisagées. Iouri Ouchakov a toutefois jugé que plusieurs éléments de la version américaine pouvaient être acceptables, sous réserve d’un examen plus approfondi.
Réactions ukrainiennes et avancées évoquées
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué des avancées au lendemain des pourparlers, tout en estimant qu’il fallait « beaucoup plus » pour parvenir à une paix réelle avec la Russie. Dans une conférence virtuelle en Suède, il a annoncé que certaines étapes sensibles avaient été obtenues grâce aux coordonnés avec les partenaires américains et que, malgré ces progrès, l’objectif restait loin d’être atteint. Il a évoqué la libération totale de tous les prisonniers ukrainiens selon le principe « tous contre tous » et le retour de tous les enfants ukrainiens enlevés par la Russie, affirmant que l’Ukraine continuerait à rechercher des compromis qui la renforcent sans l’affaiblir.
Réactions européennes et appels à l’implication russe
Le chancelier allemand a insisté pour que la Russie soit présente à la table des négociations sur un plan de paix, tout en reconnaissant que les chances d’un avancement rapide restaient incertaines. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a salué un « nouvel élan » dans les discussions à Genève et a estimé qu’il restait du travail, mais qu’une base solide était en place pour progresser. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a souligné le rôle central de l’Union et la nécessité d’une implication totale sur les questions liées aux sanctions, à l’élargissement et aux actifs russes gelés.
Éléments diplomatiques et contexte international
La Maison‑Blanche a salué les discussions comme un pas en avant significatif vers une résolution du conflit et a réaffirmé que le texte de Genève n’était pas une offre finale, mais un cadre en développement. Le plan américain pour l’Ukraine, présenté à Genève et largement perçu comme favorable à Moscou par certains, a été défendu par le secrétaire d’État américain qui a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’un cadre de négociations à faire évoluer avec les partenaires ukrainiens et européens. Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a qualifié le plan de « insuffisant » et a souligné l’importance d’une participation européenne et ukrainienne plus large lors des discussions, rappelant que « pas de paix en Ukraine sans l’Ukraine ».
Au niveau militaire, l’armée russe a revendiqué la prise de trois localités dans l’est du pays, tandis que Kharkiv a été frappée nocturnement, faisant quatre morts et 17 blessés selon le maire, avec des dégâts sur des immeubles d’habitation et des infrastructures civiles provoqués par des drones.
Le Kremlin a déclaré n’avoir reçu « aucune information officielle » le lendemain des pourparlers, tout en précisant que des modifications avaient été apportées à la proposition américaine. Un représentant ukrainien, Roustem Oumerov, a toutefois indiqué que la version actuelle du document reflétait déjà la plupart des priorités clés de Kiev, même si celle‑ci restait à affiner.
Perspectives et conclusions
Le secrétaire d’État américain et les négociateurs ukrainiens et européens ont réaffirmé leur intention de poursuivre les discussions à Genève afin de progresser vers une paix durable, tout en signalant que les résultats dépendraient des prochaines étapes de coopération entre les parties et de l’implication des institutions européennes. Le sommet en marge du dialogue a été marqué par des échanges continus entre les délégations et une attention soutenue à la capacité de la communauté internationale à traduire ces discussions en avancées concrètes pour l’Ukraine et la région.
