Trump évoque la peine de mort pour des élus démocrates : réactions et cadre juridique
Contexte et déclarations majeures
Donald Trump a évoqué jeudi la possibilité d’appliquer la peine de mort à des élus démocrates qui avaient appelé les militaires et les agents du renseignement américains à désobéir aux ordres jugés illégaux du gouvernement. Le Parti démocrate a réagi sur X en affirmant : ‘Trump vient de réclamer la mort pour des élus démocrates. Absolument infâme’.
Il a aussi prononcé sur Truth Social une autre prise de position, déclarant : ‘COMPORTEMENT SÉDITIEUX, passible de la peine de MORT!’.
Les opposants estiment que ces propos s’inscrivent dans une dynamique où l’administration est accusée d’utiliser l’armée sans fondement légal pour des opérations de maintien de l’ordre à l’intérieur du pays et pour des actions visant le narcotrafic à l’étranger.
Une réaction d’ensemble et des précautions
Dans un message publié peu avant sur la même plateforme, Trump avait aussi qualifié ces opposants de ‘traîtres’ et d’avoir un ‘comportement séditieux’.
Position des élus démocrates et leur vidéo
Les six élus démocrates, issus de la Chambre et du Sénat et qui ont eux-mêmes servi dans l’armée ou les services secrets, ont publié sur X une vidéo adressée aux militaires et aux agents du renseignement : ‘Vous pouvez refuser les ordres illégaux’. Ils estiment que l’administration oppose les militaires en uniforme et les professionnels du renseignement aux citoyens américains.
Réactions et portées politiques
Les responsables démocrates dénoncent une rhétorique violente et déchaînée du président et avertissent que les menaces envers la Constitution ne viennent pas uniquement de l’étranger, mais aussi du pays même. Parmi eux figurent le sénateur Mark Kelly, ancien membre de la marine et astronaute de la NASA, et la sénatrice Elissa Slotkin, qui a travaillé pour la CIA en Irak.
Un groupe représentant plus de 360 anciens responsables militaires et diplomatiques a apporté son soutien aux élus et a dénoncé la transformation d’un principe de droit fondamental en instrument politique.
Selon ce collectif, la désobéissance à des ordres illégaux demeure le fondement du contrôle des civils sur l’armée. Les élus ne précisent pas quels ordres sont visés, mais l’usage des forces par l’administration est largement critiqué.
Déploiement militaire et actions internationales
Le président a ordonné le déploiement de la Garde nationale dans plusieurs villes démocrates, dont Los Angeles et Washington, en dépit de l’avis des autorités locales, justifiant ce déploiement par une hausse de la criminalité.
Par ailleurs, une vingtaine de frappes menées ces dernières semaines dans les Caraïbes et le Pacifique ciblant des embarcations qu’on accuse, sans preuves publiques, de transporter de la drogue, ont fait au moins 83 victimes.
Le haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé Washington à vérifier la légalité de ces frappes, évoquant des indices de violations du droit international humanitaire et d’éventuelles exécutions extrajudiciaires. Le ministère de la Justice a, pour sa part, affirmé le 12 novembre que ces frappes ont été ordonnées conformément aux lois du conflit armé et constituent des ordres licites.
