Valérie Dittli quitte le Centre et lance le Mouvement libéral pour sa réélection vaudoise
La conseillère d’État vaudoise Valérie Dittli a annoncé jeudi son départ du Centre et la création d’une nouvelle formation, le Mouvement libéral, pour briguer un second mandat au gouvernement en 2027. Cette décision intervient six mois avant les élections cantonales, peu de temps après qu’elle a perdu le soutien de la présidence et du comité cantonal de son parti.
« Je retire ma mise à disposition du parti. Ce que nous avons vécu ces dernières semaines était devenu trop dur. Il n’y a pas de mots pour qualifier cela », a expliqué la ministre de l’Agriculture et du Numérique au journal Le Temps. Elle entraîne dans son départ un tiers du comité de direction, dont notamment Jaqueline Bottlang-Pittet, vice-présidente démissionnaire du Centre Vaud.
Une rupture fracassante avec le Centre Vaud
Le départ de Dittli survient dans un climat tendu au sein de la formation centriste vaudoise. La conseillère d’État est empêtrée dans des affaires fiscales et de gestion de son département. La section Lavaux-Oron du Centre l’a soupçonnée d’avoir tenté de fermer un compte bancaire contenant 22’000 francs et de transférer l’argent, accusations qu’elle dément en bloc.
Le timing du départ reste symboliquement puissant : sa candidature au Centre devait être soumise le 2 septembre à une assemblée des délégués. En annonçant son départ jeudi soir, Dittli court-circuite ce processus et impose son propre calendrier politique.
Un pari audacieux au centre droit
Le Mouvement libéral entend occuper le centre de l’échiquier politique vaudois et vise cinq sièges au Grand Conseil pour former un groupe parlementaire. Le nom de la formation cible la droite patronale et les entrepreneurs favorables au choc fiscal.
Après un départ fracassant et des tensions ouvertes avec Le Centre, la conseillère d’État tente un pari audacieux : se repositionner au centre droit sous une bannière résolument libérale. Une stratégie qui suscite déjà des interrogations dans les milieux politiques. Bien que le nom du mouvement résonne avec les valeurs traditionnelles vaudoises, la question demeure ouverte : s’agit-il d’une véritable rupture idéologique ou d’une opération de recentrage personnel ?
Reste à voir si cette nouvelle formation saura structurer une alternative solide face aux organisations politiques établies, notamment face au Parti libéral radical qui contrôle depuis longtemps le centre droit cantonal. Pour Dittli, l’enjeu est de taille : transformer son départ dramatique en tremplin électoral viable, à moins de six mois du scrutin.
