Agriculture suisse: la sécheresse en 2026 pulvérise les records de sinistres

La sécheresse historique et la grêle de cet été ont mis à rude épreuve l’agriculture. À fin septembre, Suisse Grêle estime les dommages aux cultures à 59,2 millions de francs, près de trois fois plus qu’à la même période en 2025. Un chiffre vertigineux qui témoigne de la brutalité des conditions météorologiques auxquelles font face les paysans suisses.

Les mois d’avril à août ont été les plus secs et les plus chauds jamais enregistrés depuis 1901, provoquant d’importantes pertes de récoltes. Au-delà des statistiques, ce record climatique sans précédent depuis plus d’un siècle marque un tournant inquiétant pour le secteur. Aux périodes de sécheresse prolongées et vagues de chaleur avec des températures supérieures à 30 degrés se sont ajoutés fin août de violents orages accompagnés de grêle.

Des cultures d’été décimées

Les cultures d’été comme les pommes de terre, le maïs, les betteraves à sucre et les tournesols, ainsi que sur les herbages ont été particulièrement touchées. La grêle est à l’origine de 48% des dégâts, tandis que la sécheresse en représente 45%.

Au 21 septembre, SHGroup s’attend à recevoir 5800 déclarations de sinistres pour les cultures, pour une somme totale des dommages assurés devant atteindre 59,2 millions de francs. À titre de comparaison, en 2025, Suisse Grêle estimait le montant des dommages à 20,9 millions de francs à la même période.

Le phénomène ne se limite pas à la Suisse. En France, la sécheresse et la chaleur ont également entraîné des pertes de récolte considérables, tandis que dans le Nord de l’Italie, plusieurs orages de grêle violents ont causé des dommages très importants.

Au-delà des chiffres, une menace systémique

Suisse Grêle relève que « le risque systémique que représente la sécheresse place de plus en plus l’agriculture face à des défis. Lorsque des régions entières sont concernées, les modèles d’assurance classiques atteignent leurs limites face aux dommages à grande échelle qui en résultent ».

Au-delà des sinistres agricoles de cette année, la sécheresse et la chaleur de septembre 2026 pèsent déjà sur l’agriculture suisse : bétail fragilisé, fruits en recul, production de Gruyère en baisse estivale et vendanges sont parfois réduites de moitié.

« La sécheresse de cette année montre clairement à quel point l’agriculture souffre déjà aujourd’hui des conséquences du changement climatique », selon l’assureur. Le constat est sans détour. Alors que la Suisse romande vient de pulvériser ses records de chaleur et d’aridité cet été, l’agriculture paie le prix fort. Non seulement pour 2026, mais aussi pour les perspectives des années à venir. Les agriculteurs romands font face à une réalité incontournable : s’adapter ou péricliter.

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