13 octobre : lycéens, étudiants et profs unis dans l’exigence, le gouvernement ne peut plus ignorer

13 octobre : l’éducation français en appelle à la mobilisation, le gouvernement devra choisir son camp

L’intersyndicale étudiante et professionnelle appelle à une nouvelle journée de mobilisation et de grève mardi 13 octobre. Deux jours après un rassemblement qui a réuni des dizaines de milliers de jeunes place de la Bastille, le mouvement pour l’école continue de monter en puissance, transformant octobre en mois de contestation éducative. Cette fois, l’appel dépasse les lycéens : l’Union étudiante, l’Unef et les syndicats de personnels, dont la FSU, appellent l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale et du supérieur à faire grève.

Les chiffres sont parlants. Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante, prévient que la mobilisation continuera « tant qu’on n’aura pas 10 milliards sur la table ». Pas de demi-mesure, pas de promesses creuses. Le message à l’exécutif est limpide : l’école française demande des investissements massifs pour fonctionner ou elle se bloque.

Un momentum qui ne faiblit pas

La France est entrée dans une nouvelle journée de protestations jeudi 8 octobre, les lycéens de tout le pays continuant de manifester contre le manque de professeurs, des installations en mauvais état et des classes surchargées. Les problèmes sont concrets, visibles, quotidiens. Ce ne sont pas des revendications abstraites : les enfants de France étudient dans des conditions dégradées tandis que le gouvernement tergiverse.

Depuis le 18 septembre, la machine lycéenne ne s’arrête plus. Des établissements bloqués, des barricades, des cortèges dans les grandes villes. Après le 29 septembre, jour de grève de la fonction publique, puis la grande manifestation du 6 octobre et le rassemblement du 8 octobre, le 13 octobre devient la prochaine étape d’un mouvement qui avance par vagues successives. C’est la marque d’une jeunesse qui apprend les règles du jeu démocratique, qui refuse d’être déçue une fois et rentre chez elle. Non : elle revient, elle s’organise, elle durcit son action.

Le gouvernement recule, mais combien de temps ?

Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a annoncé qu’il présenterait un « plan d’urgence » pour faire face aux absences d’enseignants dans les « heures ou jours à venir ». Habituelle rhétorique d’urgence, habituels délais qui s’éternisent. Pendant ce temps, les salles de classe restent vides, les remplaçants manquent, les élèves et les enseignants subissent. Le gouvernement a compris qu’il ne pouvait ignorer la grève, mais il donne l’impression de gagner du temps, d’attendre que la mobilisation se fatigue.

Ce calcul pourrait s’avérer désastreux. La jeunesse française, associée cette fois aux syndicats d’enseignants et aux étudiants, ne négocie pas sur le principe : elle exige 10 milliards. C’est clair, mesurable, non négociable. Le gouvernement peut présenter tous les plans d’urgence qu’il veut s’ils n’accompagnent pas une enveloppe budgétaire à la hauteur, la mobilisation n’aura aucune raison de s’arrêter.

Une école libérée ou sacrifiée ?

La question soulevée par cette vague de protestations dépasse l’anecdote syndicale. Elle interroge le choix fondamental d’une France : celui de croire à l’école publique, de la financer dignement, ou de la laisser s’effondrer en silence pour justifier demain les privatisations. Le 13 octobre sera un test. Si la rue peut encore imposer des réalités au pouvoir, c’est dans les rues, en grève, que se décide l’avenir de l’école. Le gouvernement sait que la jeunesse regarde. Il ne lui reste plus qu’à agir, vraiment.

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