29 septembre : France en grève, les fonctionnaires disent non au blocage salarial
Le mardi 29 septembre marque une date charnière dans le conflit social français. Une journée nationale de grève et de mobilisation est annoncée dans l’ensemble de la fonction publique (État, territoriale, hospitalière), avec un appel lancé de manière unitaire par la CGT, la CFDT, l’UNSA, la FSU, Solidaires, la CFE-CGC et la FA-FP. Cette convergence des organisations syndicales, rare et significative, reflète une tension croissante autour de la condition des six millions d’agents publics français.
Au cœur de la mobilisation : le salaire gelé depuis des années
Le motif principal porte sur les salaires, la revalorisation du point d’indice et l’amélioration des conditions de travail et de l’attractivité des emplois publics. Derrière cette formulation administrative se cache une réalité : le blocage, ou quasi-blocage, du point d’indice depuis de longues années alimente le mécontentement, sur fond de difficultés de recrutement et de perte d’attractivité de nombreux métiers publics.
Depuis plusieurs années, le pouvoir d’achat des fonctionnaires s’érode sans relâche. Tandis que les coûts de la vie explosent en France, les traitements publics restent figés. Cette stagnation contraste cruellement avec les inégalités que les agents observent autour d’eux : après la ponction de 5 milliards d’euros du budget 2026, les collectivités doivent avoir les moyens d’agir, répètent les syndicats, qui pointent des coupes budgétaires où les agents sont toujours les variables d’ajustement.
Une mobilisation bien au-delà des corridors administratifs
Des perturbations significatives sont attendues dans les écoles, les administrations et certains services hospitaliers non urgents. Les Français ressentiront concrètement cette journée : enfants gardés à la maison, services rallongés ou fermés, accumulation de dossiers administratifs.
Mais les grévistes du 29 septembre ne se battent pas seulement pour eux. Les agent·es de la Fonction publique seront en grève et en manifestation pour leurs salaires, leurs conditions de travail et les moyens des services publics : pompiers, soignant·es, enseignant·es. Cette journée ne concerne pas que les fonctionnaires. Le message est clair : les coupes budgétaires détériorent les services que tout le monde utilise. Des urgences hospitalières saturées à l’école publique affamée de moyens, les citoyens paient le prix de ces arbitrages politiques.
Un été qui a changé la donne
L’ampleur de la mobilisation n’est pas anodine. Cet été a été marqué par des phénomènes exceptionnels : vagues de chaleur inédites, multiplication d’incendies d’autant plus difficilement contrôlables que les moyens alloués à la sécurité civile ne sont pas à la hauteur, sècheresse mettant en danger de nombreux secteurs agricoles. Les agents publics ont été en première ligne face à ces crises. Cette expérience du manque de moyens a aiguisé la conscience collective : plus de services publics n’est pas une abstraction, c’est une question de vie et de mort quand les températures dépassent les 40 °C.
Un tournant dans le rapport de forces
Selon plusieurs analyses, cet appel unitaire marque une nouvelle phase de tension sociale à l’approche de l’automne 2026, avec la perspective de manifestations d’ampleur dans les grandes villes le jour J. La dernière grande mobilisation unitaire remontait à plusieurs années. Aujourd’hui, face au refus du gouvernement de faire des gestes significatifs, tous les syndicats disent stop.
Pour Actu Libre, cette mobilisation incarne un moment de clarification : d’un côté, des agents publics qui revendiquent le respect de leur métier et de leur pouvoir d’achat ; de l’autre, des gouvernants qui choisissent la voie des restrictions et du démantèlement. Le 29 septembre, on saura si la rue s’en mêle.
