400 000 dans les rues malgré l’interdiction : le gouvernement face à la mobilisation de masse
Les rues de France ont grondé samedi 26 octobre. Plus de 400 000 participants ont défilé malgré la ban gouvernemental sur les rassemblements, tandis qu’environ 1 300 personnes ont été arrêtées. Un acte de désobéissance civile qui démontre la capacité du mouvement social à persister face à la répression.
Le pari du gouvernement sur l’interdiction a échoué
La majorité exécutive avait parié sur la prohibition pour étouffer la mobilisation. Peine perdue. Lycéens, syndicalistes et figures des Gilets jaunes ont coordonné leurs efforts. Après les manifestations du 17 octobre, la mobilisation a continué de s’amplifier, avec jeudi une conférence de presse réunissant lycéens, figures des Gilets jaunes et syndicalistes pour préparer la journée du 24 octobre.
Cette convergence des luttes traduit une unité rare. Celle-ci dépasse les clivages traditionnels, la jeunesse scolaire ralliant les revendications économiques des travailleurs et des retraités. Le gouvernement, déjà fragilisé par les enjeux budgétaires et les demandes de réforme du système éducatif, ne peut plus ignorer cette vague populaire.
Le calendrier des urgences s’accélère
L’exécutif sent le vent tourner. Le ministre de l’éducation nationale doit présenter lundi 26 octobre les mesures censées répondre aux revendications du mouvement lycéen, un mois après le début de la crise entre l’exécutif et la jeunesse, la plus aiguë depuis vingt ans. Les annonces attendues demontrent que Bercy et Matignon réalisent le coût politique de l’inaction.
Sur le plan parlementaire, des signaux de défection apparaissent. Lors du premier débat budgétaire sur la mission enseignement scolaire prévu mercredi 21 octobre, les amendements déposés montrent une majorité se dessinant pour satisfaire certaines revendications lycéennes. L’Assemblée nationale commence à contourner les positions gouvernementales rigides.
L’austérité en question
Derrière les cortèges, une bataille budgétaire fondamentale. Les syndicats demandent l’abandon du projet de budget 2026, notamment le doublement des franchises médicales et le gel des salaires de la fonction publique. La question des 3 000 suppressions de postes prévues reste le cœur de la discorde.
Samedi, des milliers de Français ont choisi de descendre dans la rue plutôt que de subir silencieusement. Ils redessinent les contours du possible politique. L’interdiction gouvernementale, loin de les paralyser, a renforcé leur détermination.
