5 novembre : la plus grande convergence sociale de l’année se mobilise pour le pouvoir d’achat

Le 5 novembre marquera un tournant décisif dans les rapports de force sociaux en France. Pour la première fois depuis la rentrée, la mobilisation franchit une étape qualitativement nouvelle : les syndicats appellent les salariés à faire grève et réclamer au gouvernement et au patronat des réponses sur le pouvoir d’achat, avec comme revendications l’augmentation des salaires, la sauvegarde des services publics, la défense de l’emploi et une meilleure répartition des richesses.

Cette journée d’action n’est pas un énième appel sans conséquence. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a anticipé une grande journée de convergence avec les salariés du privé qui seront présents, les fonctionnaires, les retraités, les jeunes. L’ampleur attendue des rassemblements témoigne d’un changement radical : après des semaines où jeunes et lycéens ont porté quasi seuls le combat contre la vie chère, le monde du travail organisé s’engage enfin à la hauteur des enjeux.

Une mobilisation massive dans les transports et l’éducation

La convergence se construit concrètement dans les secteurs clés. Les quatre fédérations représentatives de la SNCF appellent de concert à cesser le travail jeudi, Sud Rail promettant une grève totale, avec tous les réseaux exposés aux perturbations. Les dockers ont déjà donné le ton vendredi dernier avec une grève de 24 heures perturbant les ports, signalant que le mouvement s’amplifie secteur après secteur.

L’éducation n’est pas en reste. Les organisations éducatives appellent à une grève massive pour les salaires, les conditions de travail et l’avenir de l’École. Ce qui distingue cette journée des précédentes : elle ne mobilise pas une corporation isolée, mais tous les secteurs stratégiques de l’économie en même temps.

L’ampleur dépasse les prévisions syndicales

Selon la CGT, plus de 200 rassemblements sont prévus pour réclamer des hausses de salaires et une révision du budget du gouvernement. Un chiffre qui résume le changement d’échelle : ce n’est plus un rassemblement national épars, mais une mobilisation nationale décentralisée, ancrant le mouvement dans les territoires.

Les jeunes restent mobilisés aux côtés des travailleurs. Les organisations de jeunes se sont jointes au 5 novembre, et la coordination des gilets jaunes appelle aussi à un 5 novembre du peuple. Cette jonction des luttes était annoncée depuis des semaines, mais elle se concrétise enfin autour d’un calendrier unique.

Un gouvernement face à son impuissance

Le blocage budgétaire du gouvernement et son refus de négocier la hausse des salaires ont créé les conditions de cette convergence. Les syndicats revendiquent des augmentations de salaires partout et une révision du projet de budget du gouvernement jugé catastrophique pour le pays. C’est le projet de loi budgétaire gouvernemental qui cristallise le conflit : les salariés, les jeunes et les précaires le refusent massivement.

Ce que montre le 5 novembre, c’est qu’à force d’ignorer les demandes de la rue, un gouvernement finit par créer les conditions de sa propre remise en question. Les salariés du privé descendent enfin massivement. Les transports s’arrêtent. L’éducation se mobilise. Les gilets jaunes reviennent. Ce n’est plus une fragmentation des luttes, c’est une convergence historique qui se noue.

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